Stella est amoureuse

Film de Sylvie Verheyde, France 2022, 1h50, avec Flavie Delangle, Marina Foïs, Benjamin Biolay…

SYNOPSIS : 1985, premier été sans les parents. Le soleil, les copines, les Italiens, le rêve. Retour à la réalité, pour Stella, c’est l’année du bac. Et même si elle dit qu’elle s’en fout, elle sait bien que ça peut décider de sa vie entière… Plutôt mourir que de reprendre le bar de ses parents. Surtout que, chez elle, son père s’est cassé avec une autre, en laissant les dettes et sa mère en déprime. Heureusement il y a les sorties, la nuit, les rencontres, et puis l’amour pour rêver d’un autre monde.

 

Les premières images d’adolescentes dont je trouvais le jeu particulièrement mauvais m’ont fait craindre le pire. Mais le film monte en densité et on finit par entrer dans le jeu de ce groupe et son insouciance.

On finit par les suivre avec plaisir dans leurs péripéties d’adolescentes. On découvre peu à peu la vie intérieure de Stella, cabossée, et son mal à vivre, sa famille dissolue. Tout cela est traité avec finesse et pudeur. La découverte du monde de la nuit où elle ne se laisse pas aller à la dérive du sexe et de la drogue, lui permet au contraire de se construire et de se définir. Par contre, mon intérêt a fléchi dans la dernière partie du film qui ne fait (hormis l’acte de renaissance de Stella) que prolonger et reprendre la dynamique des situations précédentes.

La caméra est très mobile, en particulier lors des scènes tournées en boîte de nuit, très réussies. Le réalisateur aime manifestement les corps et les visages, il les filme avec sensualité et nous les fait partager avec plaisir. Les moments de danse sont magnifiques et très sensuels.
La construction sinueuse  du film maintient bien l’intérêt du spectateur. Des flashes discrets font apparaître la question des inégalités sociales et du déterminisme dans la réussite scolaire et la reproduction sociale.

Un film apparemment léger, mais qui traite avec finesse de la transformation d’un être fragile qui finit par se reconnaître le droit d’exister. Un film qui mérite d’être vu !

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Jacques Gaillard