La disparition de Bertrand Tavernier hier jeudi 25 mars nous a tous énormément touchés d’autant qu’un lien particulier et fidèle s’était créé, au fil des années, entre ce grand cinéaste et l’Autre Cinéma.

Séance de dédicaces de Bertrand Tavernier suite à la présentation de “Quai d’Orsay” en 2013 – Photo Dominik Fusina

L’association L’Autre Cinéma et le cinéma Les 400 Coups ont appris avec tristesse la mort de Bertrand Tavernier, réalisateur, scénariste, réalisateur et écrivain.

Bertrand Tavernier est né à Lyon. C’est dans cette ville qu’il a réalisé son premier film L’Horloger de Saint-Paul. Président de l’Institut Lumière, c’était un grand défenseur du patrimoine cinématographique mais aussi un réalisateur d’aujourd’hui, engagé pour les salles de cinéma et toujours prêt à rencontrer le public après des projections.

C’est ainsi que les spectateurs du Beaujolais ont eu le plaisir de le rencontrer à quatre reprises à Villefranche-sur-Saône.

En 1992, Bertrand Tavernier est venu présenter son documentaire La Guerre sans nom au cinéma Les 400 Coups. Cette séance fut un grand succès pour un film peu médiatisé alors.

Bertrand Tavernier a ensuite été le Parrain de la deuxième édition des Rencontres du cinéma francophone, en 1997. A cette occasion, un hommage avait été rendu à l’actrice, scénariste et réalisatrice Christine Pascal.

En 2010, les 15es Rencontres proposaient un week end spécial en présence de Bertrand Tavernier et de son chef opérateur Bruno de Keyzer. Au programme : Que la fête commence, La Vie et rien d’autre et son nouveau film La Princesse de Montpensier dont la séance avait été programmée dans la grande salle du Rex, comble !

En 2013, c’est à nouveau pour accueillir tous les spectateurs enthousiastes que sa présentation de Quai d’Orsay est organisée au cinéma Rex, lors des 18es Rencontres du cinéma francophone.

 

Nous sommes tous tristes car sans ses problèmes de santé il aurait fait d’autres films, il ne se considérait pas à la retraite.

Cinéaste et cinéphile, Bertrand Tavernier partageait avec générosité ses connaissances, sa mémoire du cinéma. Par ailleurs, il n’avait pas son pareil pour raconter de savoureuses anecdotes. Celles et ceux qui ont pu assister à ces différentes rencontres savent que la passion, l’érudition et l’humour étaient au rendez-vous.

Bertrand Tavernier a écrit de nombreux ouvrages, notamment sur le cinéma américain et français, contribuant à révéler des cinéastes ou des films oubliés. A cet égard, son dernier film, le magnifique documentaire Voyage à travers le cinéma français, est passionnant et précieux.

Rappel de la filmographie de Bertrand TAVERNIER:

(liens wikipédia pour chaque film)

Toutes les photos (sauf celle de 1997) sont de Dominik Fusina, photographe officiel des Rencontres du cinéma francophone en Beaujolais.

Bertrand Tavernier et l’Autre Cinéma

J’essaie de me souvenir du premier contact de Tavernier avec l’Autre Cinéma.

C’était, je crois, aux alentours de 1990, date que nos chroniqueurs fidèles pourront préciser. Tavernier était-il venu accompagner un de ses films? Pas dans le cadre des rencontres, en tout cas. Avait-il tout simplement répondu à notre invitation de l’Autre Cinéma pour évoquer ce que pourraient être les rapports entre l’Institut Lumière et les 400 Coups? Les deux hypothèses sont conciliables.

Tavernier était accompagné de Thierry Frémaux, alors “directeur artistique” de l’Institut Lumière. Nous avions partagé un repas au restaurant de l’hôtel devenu “Kyriad”. La conversation porta essentiellement, on s’en doute, sur les films dont Tavernier était l’auteur. Monologue plutôt: on sait que le défunt cinéaste s’exprimait avec une aisance incomparable, servie par une mémoire confondante. Rien pourtant de pontifiant dans ses propos, simplement l’expression d’un passionné. Frémaux, à ses côtés, ne pipait mot. Le repas n’avait rien de gastronomique, mais Tavernier fit pourtant preuve d’un appétit remarquable et d’une facilité à boire le produit local. Là encore, Frémaux faisait triste figure.

Rien de positif ne sortit du projet de collaboration entre l’Institut et les 400 Coups. Comment aurait-on pu associer le géant lyonnais à notre modeste entreprise!

Mais ce fut un moment courtois, presque amical, où la bonhommie du cinéaste tempérait l’impression de côtoyer la statue du commandeur.

Guy Reynaud

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