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Je crois avoir déjà écrit sur ce sujet il y a quelques années. Sujet qui ne devrait pas concerner les cinéphiles qui ne fréquentent que les 400 Coups puisque nos salles diffusent toujours les films étrangers en version originale sous-titrée (VOST). Je sais pourtant que certains de nos spectateurs regrettent la version française (VF),trouvant mal commode la lecture simultanée des images et des sous-titres. Pourquoi rouvrir ce vieux débat ? Parce que l’excellente programmation de la Biennale du Documentaire inclut bon nombre de films étrangers, tous en VOST donc, dont j’ai peine à imaginer ce qu’aurait donné une version doublée.
Je prendrai deux exemples d’œuvres que je viens de voir : le premier, I am not your negro (ça part mal avec ce titre !) est constitué en grande partie de gros plans sur le visage de James Baldwin s’exprimant dans sa langue maternelle. Imaginons un instant qu’on l’ait entendu parler français…que serait-il resté de son appartenance, fondamentale dans le film de Raoul Peck, à cette Amérique qui, au-delà de la critique violente de Baldwin, reste le pays de ses racines ? C’est d’une telle évidence qu’il est inutile et comique de se demander quel accent français il aurait convenu de lui attribuer : celui de l’Ile de France ou celui d’un de nos départements d’outre-mer ? (Jadis, dans le film de Kurosawa, Dersou Ouzala parlait, dans la version doublée, un français vaguement méridional, censé rendre la difficulté qu’avait le chasseur sibérien de s’exprimer dans la pureté de la langue de Pouchkine. Grotesque !)

Mon deuxième exemple, moins caricatural, concerne Le jeune Karl Marx, du même Raoul Peck. Ici les acteurs s’expriment dans la langue des milieux où ils se trouvent. Les sous-titres viennent donc à l’appui des échanges verbaux qui se déroulent en allemand, en anglais ou en français. Le choix de la VF aurait totalement obscurci le sens du film qui est d’illustrer le caractère international de la lutte qu’initient Marx et Engels : « Travailleurs de tous les pays, unissez-vous ! » On l’a compris, mon opinion sur la question n’a fait que se renforcer.Si la lecture des sous-titres n’est pas l’idéal, il n’y a pas meilleur moyen de traduire les intentions du réalisateur et de ses interprètes même pour les spectateurs qui ne maîtrisent pas parfaitement la langue d’origine.

G.R.

 

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