Si les cinéphiles caladois savent aller jusqu’à La Rochelle, Deauville, Venise, ils ont aussi tout près, à Lyon, un festival « rendez-vous mondial du cinéma classique » de haute tenue.

Le succès en est tel (un million et demi de spectateurs en 9 ans) qu’il faut être un peu inconscient pour débarquer à l’Institut Lumière sans accréditation ni réservation. Mais si on est prêt à supporter le suspense : « il y aura dix places disponibles, réussirai-je à entrer ? » et à faire des découvertes imprévues, tout va bien.

Le menu de ce jeudi 18 octobre, ce fut, dans la grande salle de l’Institut, un ciné-concert «  O Taxi n°9297 » (1927) du cinéaste portugais Reinaldo Ferreira avec l’accompagnement du pianiste Fred Escoffier dont la musique souligne avec finesse et malice les aléas d’une histoire policière : qui a tué la cantatrice dans le taxi n° 9297 ? et quand le cinéaste a été aussi reporter et que l’histoire reprend un fait divers, le spectateur se délecte d’une « curiosité des archives » inattendue.

La deuxième séance offrit des émotions différentes : le documentaire de Philippe Le Guay « Rien n’est jamais gagné » (2018) fait vivre les aléas de la vie du producteur Jean-Louis Livi (parent d’Yves Montand) ; un témoignage de l’engagement et des risques courus pour de jeunes cinéastes par passion pour des projets de qualité ; le tournage de la séquence de nuit sur un quai de gare fait partager les angoisses d’une équipe ; et la présence du réalisateur aux côtés de Jean-Louis Livi donne au spectateur cette double richesse du cinéma : connaissance et émotion.

Pour clore la journée, ce fut la découverte de Richard Thorpe avec « L’introuvable rentre chez lui » (1945) : ou comment Nick Charles (William Powell), détective en vacances, est rattrapé par le crime et soutenu par sa brillante épouse (Mirna Loy) résout l’énigme sous les yeux admiratifs de son père. Ingénieux et léger.

Le Festival Lumière 2018 a fêté ses dix ans et honoré Jane Fonda. C’est désomais un événement de grande ampleur, engageant 36 salles du Grand Lyon, soutenu par des expositions, radio Lumière, librairie, journal quotidien, concerts, fêtes nocturnes etc. Huit cents bénévoles indispensables à l’organisation et l’accueil des publics, dont certains donnent de leurs vacances pour participer à l’événement.

Le Festival Lumière : une occasion rare de découvrir des pépites.

Evelyne Rogniat

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