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                                                                « Un huis-clos glaçant qui suscite l’empathie pour tous les personnages »

Rester cloîtré dans son appartement, c’est le quotidien d’une famille de Damas en Syrie, en pleine guerre. Une famille ordinaire qui fait ce qu’elle peut pour continuer à vivre, au jour le jour. L’appartement, avec sa porte blindée constamment verrouillée, est devenu une sorte de bunker. Tout y est organisé en fonction de la pénurie. Il s’agit chaque jour de tenir un jour de plus.
Privilégiant les plans séquence et le 16/9ème, le réalisateur reconnaît aussi à son film un caractère documentaire. Sa caméra à l’épaule traverse les pièces de l’appartement dans les pas de son personnage central Oum Yazan. Cette femme d’une cinquantaine d’année est interprétée avec intensité par Hiam Abbas, pour qui le réalisateur a d’ailleurs écrit le rôle. Aidée de sa domestique Delhani (Juliette Navis), elle est partout à la fois. Elle continue à faire vivre la maisonnée sans se plaindre. Pilier de la maison, elle sait qu’elle doit être à la hauteur de la situation et qu’elle n’a pas le droit de flancher. Elle doit prendre des décisions difficiles, parfois douloureuses, qui lui sont reprochées. Elle diffuse sa force et son courage à ses deux filles adolescentes et à son jeune fils turbulent, à son beau-père cultivé profondément désespéré, à sa jeune voisine Halima (Diamand Bou Abboud) qu’elle a recueillie chez elle avec son bébé ou encore à l’ami de sa fille.
Au loin, les explosions, les bruits, les snipers qui tirent dans la cour. La mort rôde. L’immeuble s’est vidé peu à peu, et les bruits de pas dans les escaliers et ceux des coups portés violemment sur la porte d’entrée viennent rythmer les journées. Cette porte que chacun veille à maintenir barricadée, faible protection vis à vis de l’extérieur. Le réalisateur parvient très bien à communiquer la peur sourde dans laquelle vit la famille. Mais aussi la pénurie de nourriture et d’eau, et la longue attente des nouvelles du mari absent de Oum Yasan. La radio et parfois le téléphone portable demeurent le lien avec le monde. Peu de paroles sont échangées mais les regards en disent parfois plus long que les mots. Sans parvenir à situer précisément les événements, qui pourraient d’ailleurs tout aussi bien se passer lors d’une autre guerre ou dans un autre pays, le spectateur n’a d’autre choix que d’éprouver une grande empathie pour les personnages.
Montrer le quotidien des civils syriens, otages du conflit, telle est l’ambition de Philippe Van Leeuw. « Je voulais mettre des images sur ces personnes qui subissent la guerre au jour le jour », explique le réalisateur de Le jour où Dieu est parti en voyage sur le génocide rwandais (2009). Choqué par l’immobilisme de la communauté internationale en Syrie face à Bachar Al Assad, il a choisi de se situer « en dehors des polémiques partisanes » et d’« être au cœur de l’humain ».
Son film se révèle éprouvant, tout particulièrement lorsque la violence extérieure pénètre ce fragile refuge – violence que le cinéaste filme sans complaisance.
Dense, Une famille syrienne allie la théâtralité d’un huis clos étouffant, dans la tradition de l’unité de temps, de lieu et d’action, à une réalisation efficace où une caméra fluide suit tous les mouvements des protagonistes.
Incontestablement, un des grands chocs cinématographique de ces derniers mois.

                                                                                                                    Olivier Toureau

Une Famille syrienne film de Philippe Van Leeuw

On ne ressort pas indemne de ce film qui relate un huis clos familial de 24 heures dans un appartement,enfin ce qu’il en reste, à Damas sous les bombes et les attaques des snipers.

Le réalisateur nous avait déjà emmenés en enfer avec le jour où Dieu est parti en voyage  sur le génocide rwandais.

D’ une famille syrienne , lui même dit qu’ « il ne s’agit pas d’un film de guerre mais un film sur la guerre, sur des gens comme vous et moi, sur la façon dont on continue à vivre malgré tout ».

Effectivement entre l’espoir d’un départ exaltant à l’étranger, (s’ils savaient ce qui les attend) et un quotidien angoissant sans cesse menacé par les bombardements, les pilleurs et profiteurs abjects, il y a la force tranquille et l’autorité d’Oum Yazan qui assure une certaine paix dans la petite tribu en l’absence d’un mari que l’on devine parmi les insurgés.

Même quand l’horreur parviendra à pénétrer dans l’appartement blindé, elle continuera à essayer de calmer le choc auprès de chacun .
Le personnage d’Oum Yazan, est joué par Hiam Abbas, cette magnifique actrice palestinienne que l’on a vue récemment dans le film de Rayana « 
A mon âge, je me cache encore pour fumer » et auparavant dans « les citronniers » d’Eran Riklis.

Elle montre un visage fermé, un regard à la fois dur et empathique sur les souffrances de ses proches qui sont bouleversants.

Le film commence avec le regard d’un autre beau personnage, celui du grand père désabusé par la folie des hommes.

On aimerait que ce film soit vu par un grand nombre de spectateurs, surtout ceux qui se méfient des réfugiés, mais le verront ils ?

Catherine François

 

 

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