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Film de Mohammad Rasoulof – Iran – 1h 57 – drame – 

Le film raconte l’histoire d’un homme complètement « décalé », dans la société iranienne régie par la corruption.
Il a quitté Téhéran pour s’installer avec sa femme et son fils à la campagne. Il a toujours refusé les pots de vin, il s’applique à être juste et intègre, réclamant l’application des lois égales pour tous. Mais la réalité au quotidien est toute autre. Une Compagnie commerciale qui voudrait bien récupérer ses terrains, la méfiance des gens de la région envers cet homme « déviant » qui refuse de rentrer dans le moule, refuse les règles de la corruption à tous les niveaux. Inconscience ? Entêtement ridicule ? Courage ?
Plusieurs personnes dont sa femme, lui conseillent d’obtempérer et de donner les pourboires nécessaires à une vie tranquille.  Tout cela sur un fond d’intégrisme religieux : pas de place pour ceux qui refusent de payer, pas de place non plus, pour les étrangers et les non -musulmans. Il résiste longtemps, mais la violence du rejet va crescendo et cela le pousse à réfléchir pour trouver des stratégies de lutte contre cette corruption.
Cela est -il possible sans se perdre et se corrompre à son tour ?  L’opprimé ne risque-t-il pas de devenir oppresseur ? Comment éradiquer la dictature de l‘argent et la loi du plus fort ?
La campagne iranienne que l’on voit dans le film est triste, beaucoup de grisaille, des étendues avec peu d’arbres, des étangs, des routes qui ressemblent à des chemins. Les personnages principaux ou secondaires sont bien campés et bien interprétés.
Il y a des plans très longs sur les visages, notamment sur celui du personnage principal pour nous mettre sans doute, à l’écoute de ses réflexions intérieures. Une scène revient plusieurs fois dans le film : le héros se réfugie dans une grotte pour prendre des bains, boire son alcool de pastèque. Contrairement aux paysages, cet endroit est chaleureux, il semble douillet, lieu de calme et de ressourcement.
Le suspense monte tout au long du film. On se demande comment cela va finir. Comment lutter contre la corruption de façon réelle et efficace ? La question reste posée.

Sylviane Llobell

Mohammad Rasoulof a travaillé avec Jafar Panahi. Ils ont été arrêtés et condamnés ensemble en 2010.
Son dernier film ne se situe ni à Téhéran, ni dans un village perdu dans le désert, mais dans une petite ville du nord entourée d’une campagne relativement verdoyante.
Reza a créé un élevage de poissons. Son histoire est bien ficelée, et nous réserve des surprises jusqu’au bout.
Reza et sa femme Hadis ont des personnalités fortes, dessinées à petites touches subtiles tout au long du film. Hadis est loin d’être une femme soumise, dans tous les aspects de leur vie de couple.
Mais au-delà des relations sociales compliquées et de la peinture de l’Iran actuel, ce qui traverse le film, c’est l’importance de l’eau : celle qui est au cœur de l’intrigue, vitale pour l’entreprise de Reza, celle qui lave des salissures de la société, celle que l’on boit en toutes circonstances dans son thé, celle qui devient un refuge ….
Un film original, à découvrir !

Sophie Rakotomalala

 

 

 

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