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Sachio Kinagasa est un écrivain assez connu du grand public, très égocentrique, voire odieux avec son entourage, en particulier avec sa femme. Sa femme meurt dans un accident de car avec sa meilleure amie. Son veuvage est une occasion supplémentaire pour se mettre en avant des caméras. Mais on ne décèle chez lui aucune tristesse, aucun regret. Ou plutôt si, il reproche à sa femme de l’avoir laissé seul à gérer le linge et les repas. L’appartement devient un véritable capharnaüm. Sa manière égoïste d’être au monde est secouée par les réflexions de sa maîtresse en compagnie de laquelle il se trouvait le soir de l’accident. Elle le quitte.
Sachio va être sollicité par Yoïchi, le mari de l’amie de sa femme, qui lui aussi se retrouve veuf avec deux enfants. Sachio va commencer à s’intéresser aux autres en s’occupant des enfants. Il supplée le père très souvent sur les routes au volant de son camion. De véritables relations se nouent entre les deux veufs : l’un prône l’oubli, l’autre le souvenir coûte que coûte. Des relations de tendresse et d’amour filial se tissent entre lui et les enfants. Il réalise qu’il n’avait jamais entendu la respiration d’un enfant qui dort. Au passage, on découvre quelques codes de l’éducation japonaise.
Toute une philosophie de la vie est abordée : l’amour, la fidélité, le choix d’avoir ou pas des enfants, la transmission de valeurs, le respect, le non-jugement de l’autre. Sachio évoque la différence qu’il y a entre ce qu’il écrit et ce qu’il ressent.  Il va découvrir que la vie c’est les autres.
C’est une très belle narration, pleine de pudeur et d’émotions, portée par de belles images et de superbes cadrages.

Sylviane Llobell

En 2006, dans la sélection de la quinzaine des réalisateurs, nous faisions la connaissance de la cinéaste Miwa Nisshikawa pour son film Sway. Depuis, elle
a réalisé plusieurs longs métrages mais aucun n’avait été diffusé en France. La voici donc de retour avec The long excuse, tiré de son propre roman.
Sachio, écrivain célèbre et cynique, est marié à Natsuko mais il y a bien longtemps qu’il ne l’aime plus. Yoichi est l’époux de Yuki, la meilleure amie de
Natsuko. Chauffeur routier, il travaille dur pour faire vivre sa famille. Les deux  amies périssent brutalement lors d’un accident de bus. A l’image de leurs vies,
la réaction des deux hommes sera opposée. Quand Sachio ne ressent aucune tristesse et doit feindre le chagrin, Yoichi est inconsolable.
Par compassion, Sachio va venir en aide à Yoichi et s’occuper de ses enfants pendant que ce dernier est sur la route. Lentement, on assiste à la transformation
de cet homme froid et distant qui redécouvre les sentiments et finit par mesurer l’ampleur de la perte de sa femme.
En voilà un thème intéressant, découvrir sa compagne alors qu’elle a disparu et faire du deuil une possible déclaration d’amour.
Inlassablement, par petites touches sensibles, à travers des scènes de la vie quotidienne de ces deux hommes que tout oppose, la vie se déploie grâce à
l’absence.
Tout est dit dans la scène d’ouverture où Natsuko coupe les cheveux de son mari. Un grand moment de cinéma qui met en mots et en images le gouffre qui
les sépare, que le film viendra petit à petit combler doucement mais sûrement.
Le cinéma japonais ne cesse de nous émouvoir par son approche subtile des situations qu’il explore, nous avons donc beaucoup de chance que ce film
puisse être diffusé dans les salles hexagonales.

Catherine Vermorel

 

 

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