Le 28 février, Nathan Nicholovitch, réalisateur, présentait « Avant l’Aurore » coup de cœur de certains membres de la commission programmation de l’Autre Cinéma.

J’espère que les personnes présentes à cette séance unique ont pu apprécier ce film à la fois sombre et lumineux.
Sombre par la description brute et sans concession d’un Cambodge encore traumatisé par l’empreinte vivace de la période des Khmers rouges. Lumineux par le message que le personnage de Mirinda, travesti prostitué dont le chemin va croiser celui de la jeune Panna mutique et obstinée, délivre.

Une narration presque décousue, très attachée à observer la lente évolution de ce «héros» improbable, nous emporte de lieux en lieux comme autant de passages nécessaires pour faire advenir l’impossible espoir.

L’ interprétation bluffante de David D’Ingéo (Mirinda) donne une force incroyable au récit. Son corps presque décharné, meut par une pulsion de vie incroyable, est filmé au plus près de sorte qu’il nous est impossible d’échapper à son irrésistible attraction. De la même manière, Panna, va aussi lui coller à la peau, le suivre sans mots, le déranger dans ses projets.

Salué par la critique Cannoise en 2015, le film est finalement sorti à l’automne 2018 grâce au soutien de l’ACID (Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion). Entre temps son titre avait été modifié, « De l’ombre il y a » étant le titre initialement donné par son réalisateur.

Dans un marché cinématographique ou une poignée de films occupe 95 % des salles, il faut parfois attendre des années avant qu’il nous soit donné à voir des œuvres qui sortent des sentiers battus, fruits de réalisateurs inspirés et déterminés à faire du cinéma autrement.

Pour ceux qui n’auront pu profiter de cette projection, la sortie en DVD est prévue très prochainement.

Catherine Vermorel

Spread the word. Share this post!

Leave A Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *