Après Le déclin de l’empire américain (et Les invasions barbares), Denis Arcand le canadien récidive dans la critique radicale du grand voisin américain. « Je fais des films en essayant, à ma façon, d’obéir à la consigne séculaire : tendre un miroir à la vie et au temps. Même dans les coins les plus reculés de notre planète, nous sommes tous les sujets de l’empire américain. Cet empire se meurt et ses convulsions nous touchent brutalement. »

Cette critique acerbe et informée du règne de l’argent nous fait voyager des exclus, réfugiés au Parcours, lieu d’accueil de marginaux, migrants inuits ou indiens, jusqu’aux appartements et voitures de luxe des truands et profiteurs « légaux » du système.
Mais pas de moralisme pesant : un humour porté d’abord par le héros, Pierre Paul (joué par Alexandre Landry), docteur en philosophie-chauffeur livreur qui commente les situations avec les Stoïciens, Kant et consorts. Et voilà notre héros au milieu d’un hold-up, héritant de deux sacs pleins de billets. Qu’en faire ?

S’offrir les services d’une escort girl, Aspasie (Maripier Morin), dont il tombe aussitôt amoureux, les conseils d’un repris de justice, Bigras dit The Brain (Rémy Girard) et c’est ainsi que se déchaîne une parodie de film de gangster (avec violences, tortures etc) où le duo de policiers arrive toujours avec quelques secondes de retard.

Nous apprenons ainsi comment monter une fondation caritative, pratiquer l’évasion fiscale grâce à maître Taschereau (Pierre Curzi) … et pour finir faire profiter de cette manne financière les exclus du Parcours dont des visages en plan fixe font la clôture du film.
Certains reprochent à Denis Arcand de se répéter.

Pour ma part j’ai jubilé devant son humour et son intelligence et apprécié que le cinéaste navigue allègrement du réalisme à l’utopie.

 

Evelyne Rogniat

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