Les spectateurs qui ont eu la chance de voir le précédent film d’Alejandro Jodorowsky, La Danza de la realidad sorti en 2013, retrouveront l’imagination fantastique, le rythme enfiévré et l’émotion poétique du premier opus autobiographique du réalisateur. Quant aux autres, ils se verront ébouriffés dans un univers de fantasmes, de symboles et de trouvailles esthétiques époustouflantes. Alejandro Jodorowsky, 87 ans, raconte la suite de son existence tumultueuse dans un Chili en proie aux démons fascistes, moins présents dans ce film car, de révolutionnaire, son père est devenu un petit boutiquier obsédé par la réussite sociale alors qu’Alejandro rêve de devenir poète. Jodorowsky explique que dans ce film, tout est réel, l’histoire de sa vie, ses rencontres avec les grands poètes de l’époque, le café Iris où ces derniers se retrouvent, son départ à Paris pour retrouver les surréalistes mais rien n’est réaliste, tout est traduit dans «une langue artistique», nous dit-il car il s’agit d’un conte. Jodorowsky avait créé avec Arrabal et Topor le groupe  Panique (lié au dieu Pan), passionné par la psychanalyse jungienne, le mysticisme oriental, le Tarot et on retrouve cette richesse symbolique qui ressemble davantage à un grand carnaval d’images qu’à un récit pesant.
La relation avec son père reste culpabilisante tout au long du film sauf lors de la belle scène finale ; il est d’autant plus intéressant de le savoir que le réalisateur a tourné avec deux de ses fils, l’un jouant le père jeune adulte, l’autre lui-même jeune homme. C’est Jorodowsky à 87 ans qui apparaît plusieurs fois au cours du film pour essayer de comprendre son existence et d’y donner un sens. On espère qu’il pourra nous enchanter encore « sin fin ».

Catherine François

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