De Pablo Larrain, je me souvenais bien de son précédent film El Club portrait bien « glauque » d’une église chilienne corrompue jusqu’à l’os et de No sorti en 2011, retraçant la période de la fin du pinochisme. Deux films bien ancrés dans son pays, le Chili, et évoquant les fantômes présents et passés de son histoire mouvementée.

Neruda, malgré son nom, n’est absolument pas un biopic classique à l’américaine (comme le prochain film de Larrain qui nous amènera dans l’Amérique de Jackie Kennedy).

Il s’agit d’une tranche de vie, apparemment assez romancée (on l’espère car le Neruda présenté dans le film n’est pas particulièrement dépeint sous son meilleur aspect !) du grand poète sud-américain. Une tranche de vie pleine de rebondissements, que je ne vous raconterai pas (vous n’avez qu’à aller voir le film !) dans laquelle deux personnages jouent au chat et à la souris : Neruda et Oscar Peluchonneau, le flic chargé d’arrêter le poète qui nous raconte, dès le début du film, en voix off, cette histoire avec une manière de parler proche d’une certaine poésie !

Ce film nous mène dans différents mondes et nous rappelle que les grands hommes (Neruda  que l’on pourrait je pense comparer à Aragon dans le décalage entre la réalité d’un prolétariat miséreux et leur  vie petite bourgeoise se revendiquant pourtant du grand Karl) ne sont pas toujours tels qu’on les imagine (même si, rappelons-le, le film prend des libertés sur la vérité historique). Nous voyageons aussi dans un Chili fantasmé avec un voyage fantastique dans la cordillère enneigée.

On sort de la projection un peu « agacé » par ce personnage et par une certaine longueur parfois inutile. Pourtant, malgré cette première impression, je pense qu’on a affaire ici à une belle  œuvre cinématographique, complexe,  qui marque les esprits et qui nous amène à une belle réflexion sur les idéaux de ces années d’immédiate après-guerre.

Et puis, ce film m’a bien évidemment incité à me replonger dans les magnifiques textes  de celui qui, de toute façon, restera dans l’histoire comme l’un des plus grands poètes du XX° siècle.

Olivier Toureau.

 

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