Les hasards de la programmation des 400 Coups ont fait se côtoyer deux films qui, à bien des égards, sont proches, même s’ils semblent fort éloignés l’un de l’autre. Deux films américains mais très peu hollywoodiens.

Le titre de l’un, Manchester by the sea, dit le lieu du récit, une petite ville du Massachusetts. Le titre de l’autre, Paterson, est aussi le nom d’une cité du New Jersey, proche de New York et que le réalisateur nous fait visiter en tous sens. Dans ces deux cas, nous suivons le quotidien d’un personnage qu’en d’autres temps on aurait appelé prolétaire. Ici un homme de service d’entretien, là un chauffeur d’autobus. Occasion donc à Manchester comme à Paterson de voir vivre une classe sociale que le cinéma américain montre peu. Mais alors que le premier film se révèle très vite être une chronique familiale tragique, l’autre offre la touche inimitable de son auteur Jim Jarmusch : un comique teinté d’incertitude nostalgique. Irons-nous jusqu’à dire que Paterson ( c’est aussi le nom du personnage central ) n’est pas sans parenté avec Buster Keaton ? Un être déjanté, peu loquace, oscillant entre poésie et ancrage dans le réel.

En ce sens, le film de Jarmusch s’inscrit dans la veine d’une des premières œuvres et des plus réussies de son auteur : Stranger than Paradise (1984). Manchester by the sea n’est plus à l’affiche. Paterson l’est encore. On vous invite chaudement à le voir ( même si ce film a ses détracteurs !)

Guy Reynaud

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