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Il y a une trentaine d’années, Alain Cavalier, le plus atypique de nos cinéastes français ( voir, projetés ici : Thérèse, Libera me, Pater…) réalisait vingt-quatre Portraits de treize minutes chacun, de femmes au travail. Avec Six portraits XL , le projet est tout autre, même si Cavalier, toujours hors-champ, bien présent par le caméscope qu’il manie et par la voix, a conservé toutes ses qualités de mise en confiance et de sympathie pour ses interlocuteurs.
Mais, ces nouveaux Portraits, chacun de 50 minutes, adoptent un format (le XL !) qui semble inviter à la diffusion audiovisuelle. L’Institut Lumière en proposait deux la semaine dernière sur son grand écran, en présence du réalisateur : portrait de Daniel, portrait de Léon ; celui-ci cordonnier, celui-là comédien. Qu’ont-ils de commun ? le cordonnier s’apprête à fermer son échoppe, le comédien, apparemment ne travaille plus guère et passe son temps dans un appartement exigu dont il ne sort que pour se livrer à des jeux de grattage. Deux hommes donc en situation de rupture. Qu’il s’agisse de Daniel ou de Léon, Cavalier dialogue avec eux ou suscite le monologue. Il les suit dans leurs mini-déplacements, observe leurs gestes ( la main, toujours la main !) sans plan vraiment défini, laissant toute sa place au hasard, au futile comme à l’important. Les objets filmés en disent long sur la pratique ou les obsessions de leur propriétaire. L’imprévu fait que le fil de l’entretien souvent se brise : un client arrive à l’improviste chez Léon ; des amoureux s’embrassent sur la trottoir en face. Daniel, lui, s’absente pour aller aux toilettes…Ces approches impromptues permettent au cinéaste de nous rendre familiers, presque intimes, ces deux personnages avec leurs soucis quotidiens. Ainsi, Daniel passe un temps considérable à vérifier s’il a bien fermé portes et fenêtres avant de s’absenter. Peut-être cela vous arrive-t-il à vous aussi ?
Cavalier refuse de qualifier son œuvre de documentaire. Vous n’y apprendrez rien du métier de comédien, ni des subtilités des réparations de chaussures. Au lieu de cela, le réalisateur nous offre des « portraits » intimes qui rendent proches de nous deux hommes si différents l’un de l’autre.
Guy Reynaud
La diffusion dans le circuit des salles de cinéma n’est pas commencée. Souhaitons que les 400 coups nous permette de voir un jour l’un ou l’autre de ces Portraits XL !

Guy Reynaud

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