Nous sommes quelques uns à avoir vu ce film durant le confinement (le 1° Mai, date symbolique) lors d’une séance de i-cinéma proposée par Rodolphe.

Je suis persuadé que, comme moi, ceux qui ont visionné ce magnifique documentaire et qui ont suivi ensuite le « débat » avec le réalisateur et un des « acteurs » (à savoir un syndicaliste) en gardent un souvenir fort et émouvant.

L’histoire est simple, « banale » et, hélas, de plus en plus courante par les temps qui courent : une usine, rentable et en bonne santé va fermer de par la volonté de ses cyniques propriétaires. Les 300 salariés vont se battre pendant un an, soutenus, une fois n’est pas coutume, par la direction, pour sauver leur outil de travail.

Un grand suspense jusqu’à la fin. Des personnages avec qui on se sent en empathie, d’autres, qui, manifestement, sont les méchants de l’histoire. Entre ces deux familles de personnages, des hommes et des femmes politiques (souvent haut placés) qui, semblent sincères mais dont on se demande parfois de quel côté ils penchent vraiment.

Dans quel genre de film, est-on ? Un polar ? Un western ? Un thriller ? Eh bien non, nous sommes dans un documentaire qui nous parle de la lutte menée par les salariés d’une aciérie pour sauver leur outil de travail, pour sauver l’usine qui les fait vivre. Cerise sur le gâteau : ce documentaire se déroule dans une aciérie, un lieu qui se prête à de belles images de cinéma, pour peu que le réalisateur sache y faire. C’est le cas d’Eric Guéret !

Comme tout bon film, Le feu sacré nous présente une galerie de personnages particulièrement bien interprétés et ce n’est pas parce qu’ils interprètent leur propre rôle qu’il faut mésestimer leur prestation. Le directeur de l’usine, un homme qui n’a jamais baissé les bras, qui a toujours refusé la demande venant de repreneurs potentiels de commencer par faire un plan social : on aimerait tant que tous les directeurs d’usine lui ressemblent ! Les deux représentants syndicaux, CGT et CFDT, bien loin des personnages caricaturaux qu’on aime trop souvent nous montrer dans la position qui est la leur. Bruno Lemaire et, surtout, Xavier Bertrand, des politiques qui, oh surprise !, donnent l’impression d’être sincères. Malheureusement, mais c’est compréhensible, il n’y a que les « méchants » qu’on ne rencontre pas dans Le feu sacré.

Ce qui fait l’originalité de ce film, conçu comme un thriller, c’est son suspense. On suit les « aventures » de ces héros du quotidien, on vibre avec eux au gré des bonnes et moins bonnes nouvelles et au final on est admiratif devant la ténacité de ces 300 acteurs !

Un grand film qui, à n’en pas douter, fera date dans l’histoire des documentaires « sociaux » et qui donne à réfléchir sur la façon de fonctionner de notre société.

Olivier Toureau

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