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A propos d’un film que vous verrez bientôt :
Jeannette, l’enfance de Jeanne d’Arc de Bruno Dumont

Ce film est très beau.
Insolite.
Beaucoup de pensées accompagnent le visionnement.
La lenteur est sublimée par les détails qu’apportent les mouvements de caméra sur le paysage, sur les corps des petites.
La musique techno ne dépare pas, elle contribue au sens et donne du relief, de la variété au paysage (une île de sable).
Le montage pour la télé a été refait, semble-t-il, et le film raccourci d’une demi-heure notamment pour les chorégraphies, si j’ai bien compris, ce que signalait quelqu’un aux rencontres de Charlieu.
Avec des moments dansés plus longs, je pense que l’effet sera renforcé. Par exemple, à la fin, juste quand Jeanne part, elle danse une dernière fois dans ce qu’on appelle une danse de tournoiement, une danse de cheveux, type derviche (on voyait que ça avait été raccourci au détriment du style qui est celui des danses de transe, état dans lequel elle bascule). Je retournerai donc voir ce film.
Très envie du grand écran aussi car il y a pas mal de gros plans sur les visages, les pieds, le bas des jambes…
Le texte de Péguy a été très bien monté.
J’ai aussi entendu que Dumont avait enregistré les différentes parties en son direct : on en ressent une grande fragilité et on colle à la bouche des petites, le corps et la voix coïncidant, ce qui est rare.
Au début on se dit qu’on ne tiendra pas, puis on est pris par ces mélanges qui dégagent beaucoup d’énergie.

Catherine Serre

 

L’autre jour à la commission de programmation qui a décidé de retenir le film de Bruno Dumont, j’ai affirmé qu’une œuvre pareille, on n’en voyait qu’une fois tous les vingt ans. Propos peut-être un peu emphatique, mais Jeannette est incontestablement un film innovant. Tout y est insolite, neuf, surprenant : le genre musical (si rare en France), le choix des comédiennes (des novices inexpérimentées), le décor inattendu (Jeanne au Pas de Calais !), la « naïveté » assumée, la musique (pas de l’orgue d’église), le choix de l’œuvre ainsi adaptée (qui connaît encore le poète majeur que fut Charles Péguy ?).
Si vous voulez risquer l’expérience, vous serez fasciné(e) par tout cela, avec en plus cette lenteur et ce mépris du « réalisme » qui, pour moi, sont le propre de la poésie. Mais tout le monde n’aime pas la poésie.

Guy Reynaud

 

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