Une fois n’est pas coutume, je vais dire du bien d’un film hollywoodien oscarisé !

Certes, il ne s’agit pas du film de l’année mais bel et bien d’un honnête travail de la part d’un réalisateur (Peter Farrelly) dont on n’attendait pas grand chose !

Je pense que vous connaissez tous l’histoire, multi rabâchée par les médias : en 1962, un brave videur de boite de nuit new-yorkais que l’on pourrait qualifié de « beauf » se voit devenir chauffeur d’un pianiste noir lors d’une tournée dans le Sud profond (et profondément raciste). Une improbable « amitié » va naître petit à petit et tout est bien qui finit bien !

Deux choses font de ce film autre chose qu’une « bête à oscar » : le jeu des deux acteurs et le scénario superbement et subtilement écrit. Farelly a su utiliser toutes les facettes de Viggo Mortensen qui a sûrement dû se faire violence pour apprendre à parler avec l’accent italo-américain et pour accepter de montrer un corps vieilli et empâté en marcel. Quant à Mahershala Ali, il est plus que crédible en pianiste intellectuel imbu de sa personne et (au moins au début du film) foncièrement antipathique. On frôle souvent la caricature, on est loin d’un film des frères Coen (qui sont hélas passés chez Netflix) mais, si on n’est pas trop regardant, on a affaire à un film fort honorable : un peu d’antiracisme, même primaire, ça ne peut pas faire de mal par les temps qui courent. Je ne résiste pas à vous faire part de la critique de l’Humanité qui résume tout à fait mon sentiment : « Un film cousu de fil blanc qui table sur la métamorphose d’un beauf raciste en ami fidèle d’un Afro-Américain distingué. C’est tellement gros que finalement ça passe et on prend un certain plaisir à voir ces deux personnalités antagoniques se rapprocher. »

Bien sûr, vous avez tous attendu que Green Book passe au 400 coups afin de savourer les dialogues en version originale. N’hésitez pas (le film n’est annoncé que pour quelques séances) à vous rendre dans votre salle préférée, vous passerez un bon moment !

Ah, au fait j’oubliais : si vous aimez les vieux tubes américains des années 50 et 60, la bande son vous ravira.

Olivier Toureau

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