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Merzak Allouache nous livre ici sous la forme d’un docu fiction une enquête dans la société algérienne. Le film commence par un « micro trottoir » dans lequel une jeune journaliste, Nedjma, interprétée avec talent par Salima Abada, pose la question suivante à des passants : « Comment imaginez-vous le paradis ? ». Les réponses font sourire et le film ne manque pas d’humour.
Le réalisateur dit être resté à l’écart pendant les interviews permettant ainsi à la comédienne d’interroger ses interlocuteurs avec spontanéité et aux personnes interrogées de ne considérer que la pseudo journaliste sans se soucier des caméras. L’effet est parfaitement réussi, on y croit vraiment et j’avoue m’y être laissé prendre au début.
L’image est en noir et blanc, le cadre est rétréci au tout début, ce qui contribue à donner l’illusion d’un reportage vu sur un écran de télévision. La caméra suit continuellement Nedjma dans son travail d’enquêtrice mais elle capte aussi ses réactions face aux discours des mollahs et aux réponses des personnes interviewées. Elle s’attache à la fois à la journaliste, à la femme et à l’algérienne.
Car, malgré cette partie fictionnelle, le film est vraiment un documentaire dans la mesure où les personnes interrogées sont bien réelles et expriment leurs propres sentiments. Ce sont des personnes aussi différentes que des étudiants, des travailleurs, des militantes féministes, des militants démocrates parfaitement inconnus du grand public ou des personnalités connues de divers milieux professionnels.
Ce sont des écrivains comme Kamel Daoud, Boualem Sansal, une comédienne, Biyouna que nous avons vue dans « Délice Paloma », « A mon âge je me cache encore pour fumer », « Viva l’Aldjérie »…
Ce sont aussi une femme peintre, Linda Bougherara, une chanteuse, Souad Asla, un psychiatre, Mahmoud Boudarine. «Notre école n’est plus républicaine » dit-il, « Les parents n’ont pas su corriger l’éducation reçue à l’école. »
C’est aussi le Cheik de Timimoun qui porte un regard critique sur ces prêches exacerbés et mensongers que les jeunes voient quotidiennement sur internet.
Le discours de Kamel Daoud donne de l’espoir, il est posé, clair, objectif, mû par la raison et le bon sens. Pour la chanteuse Souad Asla, la solution, c’est l’éducation. Comment ne pas lui donner raison, oui, mais quelle éducation ?
Un film passionnant qui demanderait d’être prolongé par un débat et nous accueillerons volontiers l’expression d’opinions divergentes sur ce qui est dit dans ce film. Ne le manquez surtout pas.

Annie Jugie

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