Style Selector
Layout Style
Boxed Background Patterns
Boxed Background Images
Color Scheme

Il nous paraît utile de publier ce texte, même si il a été écrit il y a quelques mois car il permettra aux adhérents les plus récents d’apprendre l’historique de notre association. (la commission rédaction)

Voici plus de 25 ans qu’à Villefranche-sur-Saône, les amoureux du cinéma fréquentent Les 400 Coups, à l’Espace Barmondière. Placés sous l’enseigne de Truffaut et de la Nouvelle Vague, et sous l’égide de l’indien Oeil de Lynx qui proclame « Ici cinéma libre et indépendant, Hugh ! »  les 400 Coups est bien un cinéma d’Art et d’Essai, mais aussi un cinéma vivant et populaire.

Rodolphe Donati, directeur et exploitant, en raconte la genèse : une première salle d’art et d’essai du réseau Utopia ferme en 1990 : période noire pour le cinéma en France, « ça ne se bousculait pas au portillon » dit Rodolphe Donati. Mais il y avait la mairie de Villefranche, ces salles rénovées, un exploitant … et le désir de cinéphiles ; c’est ainsi que le relais a été pris par l’ADECSE, Association de Diffusion et d’Exploitation Cinématographique du Sud-Est et qu’on inventa Les 400 Coups, le 18 septembre 1991. En 1993 le contexte changeait : les spectateurs ne se contentaient plus de leur écran de télé et reprenaient le chemin des salles.

Aujourd’hui c’est une institution unique et originale dans le Nord du Rhône, une programmation de trois salles, 60 000 entrées annuelles, chiffre tout à fait honorable, et la reconnaissance par les labels : Recherche (cinéma d’auteur), Jeune Public, Patrimoine Répertoire, et un quatrième, plus récent, Europa Cinéma. Comme dans tout cinéma d’Art et d’Essai les films étrangers sont projetés en copie originale sous-titrée et l’année cinématographique est ponctuée de débats et rencontres. Trois salariés font tourner les 400 Coups, épaulés par l’association L’Autre Cinéma. En 2012, grâce aux fonds recueillis par le Centre National du Cinéma (taxe TSA sur les billets) s’est fait le passage au numérique. En 2016, ce furent la mise aux normes pour l’accès aux personnes à mobilité réduite, la rénovation des salles (sièges et fauteuils) et la peinture des espaces de circulation ; les financements combinent des aides remboursables par les 400 Coups, d’autres venues du CNC ou de la Ville.
Les 400 Coups draine un public de fidèles, certains impliqués dans l’association L’Autre Cinéma, Caladois ou du Beaujolais environnant mais aussi venant de Mâcon, du plateau de la Dombes et jusqu’à Tarare. Sinon c’est à Lyon que les cinémas Lumière (ex-CNP) et le Comoedia proposent la même offre.

La programmation est au cœur du succès et de sa durée ; elle est faite à 70% par une commission de L’autre Cinéma – qui fonctionne en synergie avec l’exploitant dont c’est habituellement la prérogative. Il s’agit d’offrir des films à la fois exigeants et grand public : des récits qui font vivre des personnages socialement décalés comme Willy 1er de Marielle Gautier, Hugo P. Thomas, Ludovic et Zoran Boukerma ; des héros qui traversent les drames contemporains comme Go Home de Jihane Chouaib ; ou des films jeune public et d’animation poétiques, ainsi Ma vie de Courgette. La preuve est faite qu’il existe un cinéma créatif entre les blockbusters et les films purement expérimentaux. La collaboration avec collèges et lycées est une des missions des 400 Coups : accueil d’un public scolaire (école et cinéma), actions pédagogiques conjointes avec les enseignants. A la Médiathèque, ont lieu des rencontres Cinéma et Littérature, avec le Théâtre, par exemple un événement autour de l’Art brut : projection de André et les Martiens, documentaire de Philippe Lespinasse avec exposition de « fusils » d’André Robillard dans le hall du théâtre.

L’association L’Autre Cinéma, à l’origine des 400 Coups –structure à 3 termes, l’exploitant, l’association, la mairie – en demeure partenaire et collaboratrice. Présidée par Catherine Vermorel, elle se compose de 200 adhérents dont 30 actifs dans les commissions : la commission Programmation, la Commission Médias en charge de la communication par La Gazette et La Lanterne magique, les Ateliers Approches du cinéma, à l’initiative de Guy Reynaud et Daniel Chérasse, qui offrent à un public de cinéphiles une formation autour de thèmes comme La Révolution française au cinéma ou de grands classiques – bientôt Vertigo d’Hitchcock. Enfin, la commission en charge des Rencontres du Cinéma francophone en Beaujolais dont 2016 était la vingt et unième édition. Ses trois maîtres mots, Divertir, Informer, Emouvoir donnent le ton. Les Rencontres sont passées en vingt ans de 1000 participants à 5000 après des débuts glorieux en présence de Jean-Luc Godard et Alain Tanner.
Leur importance et le dynamisme de l’Autre Cinéma ont conduit à la création d’un poste salarié, celui de Bérengère qui coordonne l’ensemble des activités de l’association, avec une large part pour les Rencontres : recherche de partenaires privés et publics, organisation de la programmation, relations avec le milieu professionnel, les scolaires. En 2016 autour de 17 films français, suisses, belges, canadiens choisis pour leur qualité cinématographique, les Rencontres ont rassemblé un large public et accueillent des réalisateurs, acteurs, distributeurs. Ceux-ci apprécient particulièrement la réactivité du public et les échanges en salle ou lors du rituel pot de dernière séance. Les films diffusés en avant-première contribuent aussi au succès. Ce sont des « rencontres » et non un festival avec la dimension de compétition. Mais peu à peu se sont instaurés un prix du public – attribué par un petit groupe de cinéphiles assemblés autour d’un professionnel– et un prix des lycéens par vote avec les enseignants. C’est d’ailleurs des lycéens du lycée Claude Bernard qui réalisent chaque année l’affiche des Rencontres.

Texte : Evelyne Rogniat

 

 

Spread the word. Share this post!

Leave A Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *