Style Selector
Layout Style
Boxed Background Patterns
Boxed Background Images
Color Scheme

 

90 films – 22 pays – 40 invités et un générique magnifique
Des pays à découvrir ou mieux connaître à travers leur filmographie 
Un voyage de 7 jours de la Turquie au Japon.

Pour ma part 35 films visionnés et cependant des frustrations de cinéphile passionnée d’Asie.

Les fondateurs, le couple Thérouanne, tout aussi passionné qu’un directeur artistique énergique, Bastian Meiresonne, qui nous propose, chaque fois, l’histoire d’un cinéma méconnu ou inconnu, cette année, celui de la Mongolie. Une découverte appréciée du public. Le pays a profité de la manne soviétique pour son cinéma et les progrès sociaux (médecine moderne opposée aux chamans, lutte contre l’illettrisme) exprimés dans des comédies.

Coup de cœur : « Le fils de Mongolie » (1936), à la fois histoire d’amour et épopée dans les steppes, d’un héros malgré lui. Dès 1992, une 2ème période d’âge d’or a produit : « La corde », histoire d’un gamin des rues ( merveilleux acteur) exploité par la mafia. Veine proche du néo-réalisme italien. Aujourd’hui (production de 50 films par an), les réalisateurs ne se découragent pas.

Autres sections :
1) Hommage (avec 11 films) à Wang Xiaoshuai né en 1966. Cinéaste chinois indépendant qui dénonce le déracinement de millions de chinois. Si vous n’avez pas retenu son nom, vous vous souvenez sans aucun doute de « Beijing bicycle » (2001) : course effrénée dans les ruelles, de « 11 fleurs » (2011) : la révolution culturelle, déracinement de citadins, vue par un enfant et de « Red amnesia » (2014) visionné récemment au 400 coups.

2) Hommage à Mohammad Malas, cinéaste syrien inconnu de la plupart des spectateurs. Un cinéma qui est centré sur ses souvenirs d’enfant. Des films beaux et très personnels d’un syrien qui ne veut pas quitter son pays.
Coups de cœur : « Passion » (2005). A Alep, une femme courageuse dont la passion pour le chant la fait être rejetée et assassinée par sa famille. Une histoire vraie qui en dit long sur l’emprise des hommes et de la religion.
« Je souhaite, à travers ce crime, questionner la société syrienne, dénoncer la confusion idéologique qui y règne, ainsi que la dérive des valeurs et des responsabilités. » M. Malas
Son dernier film « Une échelle pour Damas » (2013) : très poétique avec en arrière-fond les sonorités des manifestations de la Révolution.
Un cinéaste né en 1945, qu’il serait bien de distribuer.

Le festival de Vesoul propose de nombreux inédits et les nombreux jurys (Jury international – INALCO – NETPAC – Jury de la Critique – Jury des exploitants) ont à cœur d’attirer, par leurs récompenses, l’attention des distributeurs.
Ainsi « Hotel Salvation » de Shubhashish Buthani (Inde) avait reçu en 2017, à Vesoul le Prix de la Critique et a trouvé un distributeur. Sortie le 21 mars 2018 ; un film plein de délicatesse sur la mort/vie autour d’un vieil homme qui a voulu venir mourir à Bénarès.

La section « Paroles de femmes » a été très recherchée et il a fallu ajouter des projections. Nombreux films déjà vus en salle (au 400 coups) qui montrent des femmes en lutte, au quotidien, (contre des règles, des traditions, l’emprise masculine) « Water » (Inde), « Une famille heureuse » (Géorgie), « Une famille iranienne », « No land’s song », « Tempête de sable » (Israël), « Quand une femme monte l’escalier » de Naruse…..

Coups de cœur nombreux parmi les inédits de cette section :
-“Bashing “ (2005) de Masahiro (Japon). Pour beaucoup de spectateurs, la découverte de la vie brisée des otages de guerre qui reviennent dans la société japonaise qui les rejette, les humilie et les pousse au suicide. Une jeune volontaire en Syrie refuse cet isolement et n’a d’autre destin que de repartir travailler sous les bombes en Syrie. Beaucoup d’émotion, la famille est aussi détruite.
-Du Kirghistan « Djamilia » (1969) : c’est la guerre, la jeune belle-fille travaille dur. Une histoire d’amour vue par un enfant mais, lorsque le mari revient, pour ne pas être tuée, elle doit s’enfuir. Un beau film en noir et blanc, plein de l’énergie de la protagoniste et des beaux chants qui l’accompagnent.

« Soongava : Dance of the Orchids » (2012) : premier long métrage du népalais Subarna Thapa. Diya souhaite devenir danseuse professionnelle. Fiancée par ses parents, elle découvre son amour pour son amie Kiran. Les deux filles vont afficher leur homosexualité et s’exposer. Un film courageux sur un tabou social. Un aspect inattendu du Népal contemporain et urbain.
Zayné Akyol, une cinéaste kurde, dans le documentaire « Gulistan, terre de roses » (2016) se met en danger et nous fait pénétrer dans un bataillon de combattantes kurdes du PKK lors de leur entraînement, de leur temps de détente. Elles sont féminines, gaies, conscientes d’une mort possible. Il y a de l’émotion dans l’attente lorsque la cinéaste les suit sur la ligne de front face à Daesh.

Un film rare venu d’Indonésie, d’une jeune cinéaste Mouly Surya « Marlina, la tueuse en 4 actes » (2017). Peu de dialogues, un huis-clos à la lumière très travaillée, où Marlina tue ses voleurs et violeurs, puis une course dans la montagne pour échapper aux poursuivants et obtenir justice. C’est un fait divers mis en scène comme un western, où l’humour n’est pas exclu, malgré un contexte dramatique. A été sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs 2017. Un scénario et une mise en scène originaux qu’on ne peut oublier.

Parmi les avant premières proposées.
–Coups de cœur : « A letter to the President » de Roya Sodat : premier long métrage d’une cinéaste engagée (Afghanistan 2017). Soraya, une chef de la police refuse de livrer un couple d’amants que les villageois veulent lapider. Les pouvoirs traditionnels, son mari, son beau-père, s’activent pour la faire fléchir. Accusée du meurtre de son mari, elle finit en prison. Une mise en scène avec des cadrages magnifiques et en parallèle le récit par lequel Soraya porte son histoire à la connaissance du Président afghan. Un film de femme sur une femme.
A obtenu : mention spéciale du Jury international, Prix de NETPA, du public et des lycéens.

Du Bouthan : « Dakini » (2016) de Dechen Roder. Un film policier empreint de spiritualité bouddhique tourné dans une nature magnifique. Choden, très belle, est accusée d’être une sorcière. J’ai été, comme d’autres spectateurs, totalement fascinée, envoûtée. Ce beau film sortira en France en juin. Encore un premier long métrage d’une jeune cinéaste à découvrir.

Parmi les films d’une Compétition de bon niveau, mes préférés ont été :
1) « Bagage » de Zig Dulay (2017 – Philippines) avec qui j’ai pu échanger sur l’impact possible de son film qui part d’un fait divers dont la protagoniste est encore en prison. Mercy revient du Golfe où elle était domestique. Un nouveau-né a été retrouvé dans la poubelle de l’avion. Mercy est soupçonnée, prise en charge par les services sociaux. Avec doigté, sans pathos, le jeune cinéaste montre que les organisations sociales, la politique ne songent qu’à médiatiser l’affaire sans chercher à comprendre la situation des migrants à l’étranger. « Bagage » a eu le Cyclo d’or (récompense suprême).
2) « Good bye Granpa » : premier film du japonais Yukihiro Morigaki (Grand Prix du Jury International). Une adolescente raconte comment, lors des funérailles du grand-père, la famille réunie s’est déchirée, avec une complète absence d’émotion et de chagrin. Un excellent scénario qui garde un équilibre subtil entre grotesque et émotion. Il y a de l’humour dans un contexte dramatique qui rappelle la légèreté des films italiens à traiter les choses graves.

Désormais le festival a ses fidèles cinéphiles ; une excellente organisation (pas de files d’attente infructueuses), mais l’affluence (32 500 spectateurs) engendre parfois des séances complètes. Une belle convivialité (soirées festives).

Le festival de Vesoul deviendra-t-il le marché du film asiatique ?
Des découvertes à Vesoul : « Tharlo » (Tibet), « Les lauriers roses sauvages » (Bengladesh) et « Hotel Salvation » ont trouvé des distributeurs.

Rendez-vous en 2019 pour la 25ème édition du 5 au 12 février

Odile Orsini

Spread the word. Share this post!

Leave A Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *