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23ème festival international des Cinémas d’Asie (7-14 février 2017) de Vesoul.

 

Vesoul, au carrefour de la cinématographie asiatique dans toute sa diversité, du Moyen Orient à l’Extrême Orient.

Une programmation courageuse qui permet des découvertes de cinématographies précieuses pour les cinéphiles ; des films inédits, qui pourraient être distribués pour leur qualité.

En dehors des 9 films de la Compétition, des sections thématiques :

–        “Les maîtres du cinéma sri lankais” (1944-2007)

–        “Regard sur le cinéma géorgien” (1955-2013)

–        “Le Japon se met à table”

–        “Campagnes d’Asie”

Des thèmes qui permettent de découvrir ou de retrouver des filmographies si caractérisées d’un pays à l’autre  et, bien sûr, les documentaires et la programmation “Jeune public”.

 

Un festival bien organisé (le catalogue est envoyé deux semaines avant le début), avec  chaque jour “Le quotidien” qui propose des interviews, des humeurs.

Dans la Compétition, « Hotel Salvation » de Shubbasish Bhutiani (Inde), qui a eu le Prix de la presse, mériterait une distribution avec sa peinture délicate des rapports fils/père alors que ce dernier rejoint Bénarès pour y attendre la mort.

 

“Regard sur le cinéma géorgien” (1955-2013)

Dans la veine néo-réaliste, il y a le charme de « L’âne de Magdana » (1955) en un très beau  noir et blanc où Targuiz Abouladzé évoque la misère rurale et l’injustice sociale.

Beaucoup ont aimé « Avril » (1962), le premier film d’Otar Iosseliani, un vrai bijou muet, en noir et blanc, qui est une dénonciation du consumérisme de l’époque. La musique, les sons accompagnent en contrepoints chaque geste ou déplacement.

 

“Les maîtres du Cinéma sri lankais” (1956-2007)

Bastian Meiresonne, spécialiste du cinéma asiatique, a sorti des tiroirs du pays des films jamais projetés à l’étranger et qui ont été transférés sur support numérique avec des sous-titrages français avec l’aide de l’INALCO. Exercice hautement périlleux ! Un vrai bonheur de découverte pour le public très curieux de Vesoul.

Coup de cœur :

Le père du cinéma sri lankais, Leister James Peries (connu en France avec « Le domaine » (2003)), a su s’éloigner du cinéma indien musical en intégrant musique et chants traditionnels au récit. Etait programmé son premier film, « Line of destiny »  (1957), annonce d’un grand cinéaste.  Dans un village, un jeune garçon guérit son amie devenue subitement aveugle. Son père veut exploiter ce don. Un beau film en noir et blanc, un scénario à suspense avec des acteurs non professionnels parfaitement dirigés, des plans larges sur les paysages en alternance avec des plans rapprochés sur les protagonistes. Une approche réaliste d’une chronique villageoise des années 1950. Des moments magiques : le vol d’un cerf-volant en forme de boa, des ballons de l’enfant riche qui rejoignent le groupe des enfants pauvres.

Un cinéaste de 97 ans qui a disparu des écrans radar des distributeurs.

 

Campagne d’Asie”

Deux films courageux mériteraient une distribution :

  « Maudite pluie » (2009) de Satish Manwar (Inde). Une lutte quotidienne pour survivre, traitée d’une manière délicate avec des moments comiques sur fond de tragédie sociale (les suicides de paysans producteurs de coton dans les campagnes indiennes).

  « Blind mountain »  de Li Yang (sélection “Un certain regard” en 2007), traite avec efficacité, avec changements de rythme, le drame des filles kidnappées et mariées de force dans les zones rurales chinoises.

 

Coup de cœur pour « Après la tempête » de Kore-eda Hirokazu (sortie en France le 27 avril 2017). Le scénario, la mise en scène, les acteurs, tout est parfait comme Kore-eda nous y a habitués. Ryota, le personnage principal, a la passion du jeu.  Il a commencé comme romancier prometteur mais, désormais, toujours endetté, il n’arrive pas à être le fils, le père, l’époux qu’il voulait être. La vieille mère irrésistible (Kiki Kirin, déjà remarquable  dans « Les délices de Tokyo ») essaie de persuader son grand dadais de fils d’aller de l’avant, de devenir ce qu’il voulait être.

La magie de Kore-eda, c’est, à partir des actes, des mots, de creuser avec délicatesse la psychologie des personnages, d’atteindre à leur réalité existentielle. Comme dans les autres opus du cinéaste, le charme opère et on voudrait que le film ne s’interrompe pas.

 

En trois jours, j’ai visionné 17 films, tous de bons films, dans une programmation excellente que j’ai regretté de quitter trop vite. Il y a tant de films qui ne sont visibles que dans les festivals !

Prochain festival en février 2018.

Odile Orsini

 

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