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C’était une première. Mon premier Festival de Cinéma. Le 46e Festival International du Film de La Rochelle en ce début d’été 2018.
Une soirée d’ouverture avec le film italien Dogman de Matteo Garrone, un film fort et dur, suivie de neuf jours plein de découvertes, de redécouvertes, de rencontres… et surtout de longues files d’attente avec parfois la frustration de se voir refuser l’accès à la salle affichant COMPLET. Neuf jours à passer de l’obscurité à la lumière, du froid glacial généré par la climatisation à la chaleur estivale, à savourer en solitaire des toiles (mais aussi les glaces d’Ernest, le meilleur glacier de La Rochelle), à échanger sur les films avec d’autre festivaliers dans les files d’attente.

Devant la profusion des films proposés : 2 rétrospectives Robert Bresson et Ingmar Bergman, 3 hommages : le français Philippe Faucon, l’argentine Lucrecia Martel et le finlandais Aki Kaurismäki, en animation 7 courts métrages de Théodore Ushev ainsi que 9 films de Nick Park et les studios Aardman, un aperçu du cinéma bulgare en 12 films, 7 portraits d’artistes, 13 films d’hier à aujourd’hui ( de 1931 à 1998), 9 films sur les drôles de dames du cinéma muet, 3 films pour une nuit avec Christopher Walken, et enfin dans la rubrique Ici et ailleurs : 47 films du monde entier tournés entre 2017 et 2018 pour raconter la vie telle qu’elle va… Mais aussi des conférences, des débats, des ciné-concerts dont 9 films muets. Il faut forcément faire des choix.

J’ai réussi à ne voir aucun des vingt films programmés de Bergman. Désolée, souvenirs, souvenirs…comme dit Johnny, de ciné-club au lycée avec des films que je trouvais profondément ennuyeux. Sans doute par réaction contre un certain snobisme de l’époque : si tu n’aimais pas Bergman, c’était que tu n’avais vraiment rien compris au cinéma d’auteur !

Je me suis régalée avec certains films de Kaurismäki, délectée avec les drôles de dames du cinéma muet accompagnées en direct par un pianiste fabuleux : Jacques Cambra. Des actrices extraordinaires : Ossi Oswalda dans deux films d’Ernst Lubitsch :  Je ne voudrais pas être un homme (1918) et La princesse aux huîtres (1919), Colleen Moore dans  Irène (1926) et  Ella Cinders (1926) d’Alfred Green, Marion Davies dans  The Patsy (1927) et  Show people (1928) de King Vidor et d’autres films encore, que je n’ai pas pu visionner.

 

Beaucoup de documentaires dans la programmation 2018. Parmi eux, j’ai beaucoup apprécié :
Libre de Michel Toesca documentaire sur la vallée de La Roya et Cédric Herrou.
L’Etat contre Mandela et les autres de Nicolas Champeaux et Gille Porte, documentaire historique avec une partie animation (Oerd Van Cuijlenborg) pour illustrer les archives sonores du procès de l’ANC. On découvre là les proches collaborateurs de Mandela.
Histoires d’Israël de Blanche Finger et William Kurel. Des témoignages d’écrivains, de poètes israéliens parlant de leur pays, exprimant combien ils aimeraient pouvoir vivre en paix.

Côté fictions, j’ai beaucoup aimé :
Les versets de l’oubli, 2017 film allemand/français/ hollandais de Alireza Khatani. Un film tourné par un réalisateur iranien, au Chili avec des fonds européens. Hormis la dernière scène on a une unité de lieu : un cimetière avec sa morgue et ses galeries souterraines où sont stockées les archives. La façon de traiter le sujet est originale et c’est très bien filmé.
Corniche Kennedy,2016 film français de Dominique Cabrera, que je n’avais pas pu voir aux 400 coups. A voir si ce n’est pas encore fait.
The house that Jack built 2018 film danois/français, suédois/allemand de Lars Von Trier. Un thriller provocateur et très dérangeant.
Nos batailles 2018 film belge/français de Guillaume Senez. Le film raconte nos vies…

Glory 2018 film bulgare/grec de Kristina Grozeva et Petar Valehanov. La maltraitance et la corruption à tous niveaux dans la société bulgare, traitée avec beaucoup d’humour et d’ironie.
Leto (l’été en russe) 2018, film russe/français en noir et blanc de Kirill Serebrennikov sur l’arrivée du rock n’roll en Russie. Film plein d’énergie et de vie.
Yomeddine 2018 film égyptien de A.B. Shawky. Un sujet peu traité au cinéma : les lépreux. Film fort avec de grands moments d’émotion.

Donbass 2018 film ukrainien de Sergei Loznitsa. Prix de la mise en scène « Un certain regard » à Cannes. Un film fort et violent contre les russophones ukrainiens.

Festivalier : une expérience fatigante physiquement mais passionnante, du fait de la grande diversité de programmation, la richesse des rencontres et des échanges.
C’est sûr je retournerai à La Rochelle déguster les glaces d’Ernest et quelques toiles.
Fin du générique et de la bande son, la salle se retrouve plongée dans le noir, le 46ème Festival International du Film de La Rochelle est terminé. Rendez-vous en 2019 du 28 juin au 7 juillet.

S.L.

 

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