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Lors des Rencontres de novembre 2002 figurait au programme le très beau film d’Alain Gomis « L’Afrance ». Dix ans après, on pouvait voir à l’affiche du cinéma Les 400 Coups «  Aujourd’hui » du même réalisateur.

« Félicité », son dernier film, sera bientôt sur nos écrans.

La première séquence, magnifique, est un morceau d’anthologie ! Dans l’espace réduit et surchauffé d’un bar de Kinshasa, des noctambules sont venus dépenser leurs maigres ressources. Toute la violence s’exprime là, tout y est, l’alcool, le tabac, le sexe, la drogue aussi sans doute. On s’interpelle, on saisit çà et là sur le vif des bribes de conversations, on réclame la musique aux musiciens déjà installés et la chanteuse qui attend : « Musique ! musique ! Chante ! Chante, Félicité ! » Alors s’élève la voix puissante de Félicité chargée de toute la douleur du monde, de la difficulté à vivre, conjurant la peur, la solitude, la pauvreté, la violence. Félicité au nom prédestiné, donne-nous du bonheur !

Femme courageuse et fière, elle affronte seule tous les obstacles et se lance dans une course effrénée à travers Kinshasa pour trouver l’argent qui sauvera son fils.

Mais Félicité a une autre vie, un rêve récurrent dont elle sort pleine d’une nouvelle énergie.  Toute vêtue de blanc, elle avance dans l’eau purificatrice à la rencontre d’une sorte d’antilope, sans doute son animal fétiche qui la protège et l’aide à faire face aux difficultés, elle, la femme seule et volontaire. Une sublime musique d’Arvo Pärt accompagne les images, interprétée par l’orchestre philarmonique de Kinshasa et ses chanteurs, tous artistes amateurs qui n’ont rien à envier à des musiciens et chanteurs professionnels. Moments de sérénité volés au temps, moments de bonheur éphémère avant le retour à la réalité. Là, Félicité trouve Tabu sur sa route, pas l’homme idéal, tant s’en faut, mais qui participera au retour à la douceur de Félicité laquelle baissera enfin les armes.

Ce film, ours d’argent à la Berlinale 2017 et Etalon d’or au Fespaco de Ouagadougou 2017, sera programmé le 14 avril à 20h30, dans le cadre de la Quinzaine du Bénin, à l’initiative de l’association Villefranche-Kandi.

Annie Jugie

En route pour la joie

Le le précédent film d’Alain Gomis, Aujourd’hui  suivait de façon poétique et onirique son personnage principal dans sa marche vers la mort. Dans son nouveau film Félicité, il est toujours question de marche, mais cette fois du côté de la vie.

Félicité est une femme libre et fière qui élève seule son fils de 14 ans et qui pour gagner sa vie chante dans un bar de Kinshasa. Félicité parle peu, c’est quand elle chante qu’elle s’exprime le mieux : sa voix forte fascine et envoute les spectateurs (dans le film et dans la salle) au rythme de la musique du groupe congolais Kasai Allstars.

Grâce à son chant et aux plans rapprochés on devine son parcours, la colère, la souffrance d’une vie difficile faite de multiples combats. Cette fois c’est pour sauver son fils que Félicité va devoir se battre, les obstacles vont être multiples mais rien ne l’arrêtera. Gomis la filme debout, à terre, en marche dans les rues de Kinshasa, aux portes ou à l’intérieur des maisons modestes ou plus cossues, rêveuse, active, amoureuse aussi, surtout.

Un personnage fort et multiple parfaitement incarné par l’actrice Véronique Beya Mputu qui lui donne toute cette intensité musicale ou silencieuse par l’expression de son visage et par son physique massif tout en force.  Car malgré la gravité du sujet, Gomis ne verse pas dans le misérabilisme. Comme le roseau de la fable, Félicité (prénom rempli de bonheur et de joie) plie mais ne rompt pas. Dans sa deuxième partie, le film bascule et en s’éloignant du personnage principal perd en intensité, preuve que Félicité est vraiment LA force du film.

Catherine ANTOINE

 

 

 

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