Style Selector
Layout Style
Boxed Background Patterns
Boxed Background Images
Color Scheme

Les spectateurs des cinq épisodes de Senses, si j’en juge par les échos recueillis à droite et à gauche, ont non seulement aimé le film, mais ont eu l’impression de partager une grande intimité avec ces quatre femmes, pourtant éloignées de nous par la géographie et par un mode de vie différent du nôtre à bien des égards. A cela je vois, pour ma part, plusieurs explications fondées sur les choix remarquables du réalisateur R. Hamaguchi.

– Les séquences du film sont toujours de belle longueur. Elles créent un rythme auquel le cinéma majoritaire ne nous a pas habitués. Voyez l’extraordinaire scène de la lecture d’une nouvelle par son auteur, enregistrée pratiquement en temps réel devant un public auquel on croit appartenir.

– Les effets dramatiques sont quasi-inexistants. Là encore, le film préfère épouser la vraie vie dont le déroulement quotidien n’est pas une succession d’épisodes mouvementés. Ainsi, lorsque l’infirmière tombe dans l’escalier de l’hôpital où elle travaille ( Senses 3 ), on ne voit pas sa chute ; on n’en entend que le bruit, et c’est dans la séquence suivante que nous avons confirmation de ce qui est arrivé, la jeune femme avance sur des béquilles.

– Le montage des séquences peut déconcerter : pas de conclusion bien orchestrée, mais une clôture souvent brutale qui semble saisir la vie sur le vif. Refus du récit conventionnel, prévisible, trop bien organisé.

– Les actrices nous sont inconnues. Pas d’effet « star » qui restreint la crédibilité des personnages : voyez par exemple Vincent Lindon, un acteur que pourtant nous aimons bien. Dans ces films, c’est engoncé dans le carcan du « bourru au grand cœur » qu’il joue son rôle, limitant ainsi l’impression de surprise et de découverte qu’offrent les rencontres imprévues de l’existence.
– Et bien sûr, il y a ce parti pris du cinéaste de filmer ses actrices en plans rapprochés ou en gros plans, principe même de l’impression de proximité .
Et voilà comment quatre japonaises de Kobé deviennent nos proches et nous émeuvent.

G.R

Spread the word. Share this post!

Leave A Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *