Nous nous souvenons de sa venue à Villefranche en octobre 2001 pour nos 6ème Rencontres.

À plus d’un titre, le passage d’Agnès Varda dans nos Rencontres du Cinéma Francophone avait marqué tous les cinéphiles qui l’avaient croisée. Elle avait accepté d’être la « marraine » de cette 6ème édition.
Agnès Varda était venue nous présenter son dernier film « Les glaneurs et la glaneuse », un film qui appartient à cette catégorie des « documenteurs » qu’elle affectionnait.

La même année, Jean-Luc Godard était venu à nos Rencontres pour la seconde fois pour présenter « Éloge de l’amour ». Godard et Varda : deux conceptions, deux créateurs de la Nouvelle Vague française, deux filmographies exceptionnelles.

J’ai accompagné Agnès Varda lors de sa venue en Calade ce 22 octobre 2001. Je me souviens de la vieille dame avec sa grande robe, sa veste chamarrée, sa coupe de cheveux improbable, son débit de mitraillette face aux lycéens dans la salle 2 des 400 Coups expliquant son projet de film, sa conception du cinéma, son travail de réalisatrice. Qu’en ont-ils retenu ? Savaient-ils quelle grande dame du cinéma ils avaient en face d’eux ?
Puis nous sommes allés boire un thé à la Brasserie du Théâtre, et « Mamie » Agnès s’est doucement endormie devant sa cup of tea. J’ai dû la réveiller pour aller jusqu’au musée Paul Dini où elle nous parla du tableau de Pierre Edmond Hédouin « Les glaneuses », tableau qui clôt le film, sorti des réserves du musée pour l’occasion.

Cette petite dame de 72 ans nous avait ravi par sa vivacité, sa curiosité, son amour du cinéma et son désir d’explorer les possibilités de la photographie et du cinéma, son attention aux autres, la douceur de sa voix et son enthousiasme à parler de son travail.

Je la vois bien partir, une bobine de pellicule 35mm sous le bras, son appareil photo en bandoulière, sa coiffure bicolore, discrètement, à petits pas. Il nous reste tous les films de madame VARDA.

Daniel Chérasse

 

Cette soirée du 22 octobre 2001, Agnès Varda, à notre invitation, présentait son film Glaneurs, glaneuse. De cette passionnante introduction, nos avons retenu les dernières lignes:

“Nous avons tous quelque chose à trouver dans ce film, que ce soit une réflexion, que ce soient des souvenirs des grands-parents, que ce soit une rêverie, que ce soit une approche du cinéma un peu particulière, qui est aussi marginale que les personnes qu’on filme. L’association ici s’appelle “L’Autre Cinéma”, et j’ai la certitude que justement l’autre cinéma, c’est ça, c’est un certain cinéma qui n’est pas tout fait le cinéma courant. Il est d’accord pour faire moins de chiffre ou moins d’entrée, mais il a sa place parce qu’il répond à notre besoin que les arts soient une possibilité de partager, de sentir des choses ou de connaître plus par les sentiments que par les statistiques.”

La totalité de cette intervention, qu’avait retranscrite Anne Lacour, est encore disponible auprès de L’Autre Cinéma sous forme d’un numéro spécial de l’association, le livre « Vingt ans de rencontres » (Editions du Poutan – 2105), Elle est agrémentée d’un long échange avec Jean-Luc Godard venu nous entretenir d’Eloge de l’amour cette même semaine. Riches Sixièmes Rencontres!

 

 

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